Statut du personnel du HFR : une décision aberrante et lourde de conséquences / Statut des Personals am Freiburger Spital HFR: ein unsinniger Entscheid mit schwerwiegenden Konsequenzen

Le 7 mai dernier, le Conseil d’Etat a décidé de placer le personnel du HFR dans un cadre à part de la loi sur le personnel de l’Etat. Le Centre Gauche-PCS Fribourg (« CG-PCS ») dénonce cette décision qui est une aberration qui aura de lourdes conséquences et ce, pour trois raisons :

La santé est et doit rester un service public

La première est que chacun est potentiellement un patient : toute la population est susceptible d’avoir recourt aux services de l’hôpital. Et il suffit de lire les lettres louant le travail des soignants pour comprendre à quel point la population est attachée à ce que le personnel infirmier se montre attentif, prévenant et compétent. Dès lors, le contribuable-patient signifie clairement qu’il est prêt à payer ce qui est nécessaire pour être pris en charge correctement. Nous en sommes convaincus : une votation sur le statut du personnel soignant n’ira pas nécessairement dans le sens de la décision du Conseil d’Etat !

Le système de rémunération ne tombe pas du ciel

Deuxièmement, le salaire du personnel infirmier est le fruit du système d’évaluation de fonction voulu par l’Etat lui-même. Pour chaque métier exercé à l’Etat, une commission paritaire évalue les compétences de bases, les tâches, l’implication psychologique et sociale. La pondération du tout permet d’attribuer une classe de salaire à la fonction concernée et d’assurer une certaine cohérence entre les différentes fonctions. La décision d’attribution de la classe de salaire revient au Conseil d’Etat. Donc, en reconnaissant, même du bout des lèvres, que le personnel des soins coûte cher, ce même Conseil d’Etat jette le discrédit sur l’ensemble de la classification de fonctions de l’Etat.

Les conséquences d’un mauvais exemple

Troisièmement, qu’en sera-t-il du statut du personnel soignant du secteur privé subventionné ? Les homes et les institutions spécialisées dépendent très largement du financement public. Il y a fort à parier que, devant l’impératif financier, ces institutions parapubliques finissent par employer les infirmières et infirmiers au même tarif que l’Etat… d’autant qu’elles appliquent par analogie la loi sur le personnel de l’Etat. Autant pousser l’analogie jusqu’au bout. Ainsi sera précarisé l’ensemble d’une profession dans tout le canton. Un bel auto-goal marqué par l’autorité qui doit elle-même garantir la qualité des prestations fournies en terme de santé publique ! C’est exactement l’inverse de ce que préconise notre parti, à savoir que l’Etat serve de modèle vertueux pour les acteurs privés.

Une loi sur le personnel de l’Etat pour… bientôt plus personne

Les discussions sur la révision de la loi sur le personnel de l’Etat sont en cours au Grand Conseil et un projet devrait bientôt être soumis. Ces discussions sont nécessaires et des adaptations inévitables. Actuellement, la tendance du Conseil d’Etat est plutôt de sortir l’une après l’autre des catégories de cette loi: L’OCN, il y a longtemps déjà, le personnel de l’ECAB l’année dernière « sortie  vers le haut » pour permettre des bonus, loi sur le personnel du HFR « sortie vers le bas » pour économiser sur les salaires. Cette politique affaiblit l’ensemble du personnel de l’Etat et ouvre une brèche de plus en plus grande vers une forme de privatisation.

Le service public mérite une stratégie propre

En conclusion, nous ne pouvons que regretter encore une fois l’absence totale d’une stratégie claire de la part des autorités cantonales en ce qui concerne le service public et son avenir. Nous avons eu droit ces dernières années à des décisions peu convaincantes, et ce même du point de vue économique. Les cas de la crèche du HFR, de l’ECAB, et d’autres sont caractéristiques. Il est temps pour le canton de Fribourg de mener une analyse globale et sérieuse de la situation, et proposer des solutions justes et durables pour le service public. C’est ce que demandent son personnel, et la population qui en bénéficie chaque jour.

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Am vergangenen 7. Mai 2018 hat der Freiburger Staatsrat entschieden, das Spitalpersonal einem Spezialgesetz zum Personalgesetz des Staatspersonals zu unterstellen. Die Mitte Links-CSP des Kantons Freiburg („ML-CSP“) verurteilt diesen unsinnigen Entscheid, der aus verschiedenen Gründen schwere Konsequenzen nach sich ziehen wird:

Die Gesundheitsversorgung ist und soll eine öffentliche Aufgabe, ein « Service public » bleiben

Jede und jeder von uns ist ein möglicher Patient: unsere ganze Bevölkerung kann zu einem bestimmten Zeitpunkt die Dienste eines Spitals beanspruchen.

Es reicht die vielen Leserbriefe in unsern Zeitungen zu lesen um zu verstehen und zu merken, dass unsere Bevölkerung die Dienste unseres Pflegepersonals schätzt und als kompetent erlebt. Damit drückt der Steuerzahler auch aus, dass er und sie bereit sind, den Preis dafür zu bezahlen um gut medizinisch betreut zu werden. Wir sind auch überzeugt, dass eine Abstimmung über das Personalgesetz nicht zwingend den Entscheid des Staatsrates gutheissen wird!

Das Entlöhnungssystem fällt nicht vom Himmel!

Das Besoldungssystem des Pflegepersonals ist die Folge einer Berufsfunktionsevaluation (EVALFRI), welches für alle beim Staat angestellten Berufe angewendet wird. Alle Berufe werden nach Abschluss der entsprechenden Bewertungsarbeiten durch die Kommission für die Bewertung und Einreihung der Funktionen (KBF) lohnmässig eingestuft, wobei verschiedene Kriterien wie die Aufgaben, die Verantwortung, die dazu notwendigen Ausbildungen und Kompetenzen, usw. bewertet werden. Diese Bewertung stellt eine Gleichbehandlung zwischen den verschiedenen Berufsgruppen sicher. Der Entscheid über die Lohneinstufung fällt der Staatsrat. Der jetzige Entscheid des Staatsrates, mit dem er indirekt aussagt, dass das Spitalpersonal zu gut entlöhnt wäre, stellt das ganze Evaluationsverfahren und die ganze Lohnpolitik des Staatspersonals in Diskredit.

Die möglichen Folgen von schlechten Entscheidungen

Welche Folgen werden solche Entscheidungen für das Pflegepersonal in den subventionierten Pflegeeinrichtungen wie die Spitex, Pflegeheime, usw. haben? Es wird sich sicher herausstellen, dass das Pflegepersonal in diesen sozial-medizinischen Einrichtungen, weil sie vom Kanton subventioniert sind, auch nach den neuen, herabgesetzten Löhnen angestellt sein werden, zumal sie heute weitgehend nach dem  Lohnsystem der Staatsangestellten eingestuft sind. Damit würde ein ganzer Berufsstand in unserem Kanton schlechter dastehen. Dies ist das Eigengoal einer Behörde, welche eine qualitative Pflege im Sinne einer guten Gesundheitspolitik für alle sicherstellen sollte! Unsere Partei engagiert sich aber für eine andere Sichtweise: der Staat soll allen privaten Akteure als gutes Beispiel in einer fortschrittlichen und gerechten Personalpolitik dienen!

Ein Personalgesetz für das Staatspersonal … dem bald niemand mehr unterstellt ist

Die Diskussionen zur Revision des Personalgesetzes für das Staatspersonal finden demnächst im Grossen Rat statt. Diese Diskussion ist notwendig und einige Änderungen sicher auch unumgänglich. Leider zeichnet sich dabei ein Trend ab : Eine Berufskategorie nach der andern wird herausgenommen ; vor einigen Jahren das Personal der Verkehr- und Schifffahrtamtes, vor Kurzem das Personal der kantonalen Brandversicherung, um diesem Personal vermehrt « bessere Löhne » auszuzahlen. Beim Spitalpersonal geht es aber darum, Lohneinsparungen zu machen, also « Lohneinbussen » zu entscheiden. Dieses Vorgehen schwächt das gesamte Staatspersonal und öffnet « Tür und Tor « zu neuen Formen der Privatisierung.

Der „Service public“ verdient eine klare Zukunftsvision!

Als Schlussfolgerung können wir nur bedauern, dass unsere Behörden keine klare Sichtweise haben, wie der zukünftige « Service public » ausgestaltet sein soll. In den letzten Jahren wurden Entscheide getroffen, welche uns nicht begeisterten, auch unter einem wirtschaftlichen Blickwinkel: KITA des Spitals, KGV, um nur einzelne zu erwähnen. Es ist an der Zeit, dass wir in unserem Kanton eine klare Standortbestimmung machen müssen und gute, gerechte und langfristigere Lösungen für einen guten « Service public » finden müssen. Dies fordert das Staatspersonal und die ganze Bevölkerung, welche auf qualitativ gute Dienstleistungen in ihrem Alltag zählt!

 

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