Dans l’intérêt des travailleurs-euses, de l’économie et de toute la population, il faut relancer les négociations avec l’Union européenne

Le Centre Gauche-PCS du canton de Fribourg regrette la décision du Conseil fédéral de mettre fin de manière abrupte aux négociations avec l’Union européenne (UE) sur l’accord cadre institutionnel et la considère comme une erreur stratégique qui aura des effets négatifs majeurs à moyen et long terme pour notre pays et sa population. Certes, cet accord n’était pas parfait, mais il permettait de poursuivre dans la continuité de la voie bilatérale de façon durable et claire. Maintenant, il n’est pas envisageable d’en rester là : nous exigeons que les discussions reprennent, et ce dans l’intérêt de tous-toutes.

Le Centre Gauche-PCS du canton de Fribourg regrette cette décision pour trois raisons principales :

1. Cette rupture va inutilement augmenter les tensions avec l’UE et ses Etats membres et provoquer des blocages supplémentaires sur des dossiers clés pour la population et l’économie de notre pays déjà mise à mal par la crise du Covid-19 : plus d’accès à la recherche de l’UE et aux programmes d’échanges pour étudiant-e-s, érosion de l’accès au marché intérieur de l’UE notamment à court terme pour la medtech et l’industrie des machines, pas de coordination en matière d’électricité, réduction des investissements étrangers en Suisse en raison des tensions avec l’UE.

2. Cette négociation a été une occasion manquée d’exiger de l’économie plus de protection des travailleuses et des travailleurs en Suisse, par exemple en augmentant le nombre de conventions collectives de travail (seulement un-e employé-e sur deux est couvert-e actuellement), en en facilitant l’extension et en renforçant leur contrôle, ce qui aurait permis d’étendre la protection des salaires et des conditions de travail dans notre pays. Comme pour la libre circulation des personnes, on aurait pu et dû avoir de véritables mesures d’accompagnement. Résultat : la droite économique s’engouffre dans la brèche et propose déjà de flexibiliser encore plus le travail pour que la Suisse puisse “maintenir sa compétitivité internationale”. Notre parti s’oppose fermement à ces velléités dans un contexte où beaucoup de personnes craignent pour leur emploi ou se retrouvent précarisées en raison de la crise Covid. 

3. Cette décision ne permet en rien de répondre à la question centrale, à savoir : quelle relation voulons-nous avec l’UE ? Sachant que l’adhésion est exclue dans le contexte actuel, et que la voie bilatérale est privilégiée, il faut accepter que celle-ci doive évoluer, sinon les accords avec l’UE deviendront rapidement obsolètes. Le principe de l’accord institutionnel cadre doit être repris et retravaillé pour arriver à un nouvel accord entre la Suisse et l’UE.

Le Centre Gauche-PCS du canton de Fribourg demande au Conseil fédéral de garder la porte ouverte afin de pouvoir reprendre le dialogue avec l’UE dans un délai proche sur un accord qui permettrait de pérenniser notre relation et assurer un accès large et stable à son marché intérieur, gage de la bonne santé économique et sociale de notre pays et de ses habitant-e-s.

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